Monastère des Augustines : retraite mieux-être au cœur du Vieux Québec

On y arrive avec son bruit intérieur… et, sans trop comprendre comment, on en repart plus léger. Ce séjour au Monastère des Augustines, lieu patrimonial d’exception, je l’ai vécu comme une parenthèse intime : un séjour pour ralentir, une exposition qui touche, une destination qui transforme le Vieux-Québec en un espace de pleine conscience.

Je vous le raconte comme je l’ai ressenti : sans chichi, avec le cœur et des repères pratiques.

Dès l’entrée, quelque chose s’est déplacé. Le bruit de la ville reste dehors, même si on est au cœur de Québec. Il y a une qualité de silence ici, un silence qui n’est pas vide : un silence habité. Un silence qui fait baisser naturellement la voix, comme si on ne voulait pas déranger. Les pas résonnent doucement. L’air est plus frais. Le temps, lui, semble prendre ses distances avec l’urgence.

Je me suis installée, et j’ai senti tout de suite la sérénité de ce lieu pensé pour te déposer. Dans la chambre, ce qui frappe, c’est la sobriété apaisante. Pas d’écran qui vous attrape, pas de télévision, pas de téléphone qui sonne. Juste l’essentiel, et cet espace mental qui est libéré. On dirait que le cerveau, privé de ses réflexes, se met tranquillement à respirer. Il y a des endroits où le luxe n’est pas ce qu’on ajoute, mais plutôt ce qu’on enlève.

J’ai commencé mon séjour par le musée et sa nouvelle exposition permanente, Résonances. Entre elles et nous. J’avais envie de beau, oui, mais surtout d’un contenu qui me parle au présent. Et c’est exactement ce que j’ai vécu : pas une expo qui aligne des informations, mais un parcours qui prend par la main sans vous tirer. On avance dans des espaces où le patrimoine n’est pas figé, où l’histoire n’est pas là pour faire la leçon, mais pour murmurer quelque chose de personnel et d’étonnamment actuel.

Ce qui m’a touchée, c’est cette sensation que tout a été conçu pour ouvrir une conversation entre le monde des Augustines et le nôtre. On se retrouve à faire des ponts. Entre le soin et l’écoute. Entre la discipline et la douceur. Entre le fait de donner aux autres et celui, parfois oublié, de se donner un peu à soi. Les textes, les objets, l’atmosphère, l’éclairage, tout ramène à une question simple et profonde : comment est-ce qu’on habite le temps? Comment est-ce qu’on habite sa vie? Et pas besoin de répondre. Simplement laisser la question faire son chemin.

À un moment, j’ai réalisé que je ne “visitais” plus. Je ressentais. Et c’est rare, une exposition qui permet ça. Je suis sortie de Résonances. Entre elles et nous avec une impression étrange et belle : comme si quelque chose avait été remis à sa place à l’intérieur. Rien de grandiose, pas de révélation. Juste un alignement doux. Un petit déclic. Une respiration plus longue.

En fin d’après-midi, j’ai participé à un atelier de yoga doux. Le simple fait de m’y rendre m’a déjà fait du bien : je me suis surprise à marcher plus lentement dans les corridors, à laisser mon corps décider du rythme. Le yoga, ici, n’a rien d’une performance. C’est une pratique de détente, un mélange de mouvements accessibles, de respiration, d’attention au relâchement. Il y a quelque chose de profondément rassurant dans ce type de séance : on n’a rien à prouver, rien à réussir. On est là, à réapprendre à ressentir.

Après le yoga, j’ai eu envie de prolonger cette douceur, de ne pas la casser. Le soir, le Monastère invite à une forme de lenteur. Pas obligé de faire “quelque chose”. Uniquement être. Moi, j’ai dessiné. Le monde dehors continue de tourner, on s’accorde un autre tempo. Et c’est fou comment, quand on ralentit, tout devient plus sensible : la lumière dans une fenêtre, un souffle d’air, le poids d’une journée qui glisse enfin.

Le lendemain matin, j’ai pris part à une marche de méditation pleine conscience. Une activité extérieure, simple en apparence, mais qui a transformé ma façon de regarder le Vieux-Québec. On pense connaître ces rues, ces pierres, ces trajets. Et pourtant, quand on marche avec une intention, tout change. On ne traverse plus : on habite. On ne “fait pas une activité” : on se rend disponible.

La marche commence en douceur, avec l’idée de revenir à la respiration, de laisser le souffle devenir un point d’ancrage. Puis on avance, lentement, attentivement. Le froid pince un peu les joues, l’air est plus vif, et ça réveille quelque chose. Les pas font un son particulier sur le sol. La ville a une texture. On remarque les détails : un relief dans une pierre, une ombre, un jeu de lumière, la façon dont l’air circule entre les bâtiments. On entend aussi ce qu’on n’entend plus d’habitude : le rythme du matin, le froissement d’un manteau, le murmure lointain de la circulation. Et au milieu de tout ça, il y a soi. Présente. Pas pressée.

J’ai aimé ce contraste : marcher dehors, au cœur de la ville, mais sentir une paix intérieure profonde. Comme si la pleine conscience, au lieu de te couper du monde, te le rendait plus vrai. À un certain moment, j’ai eu cette pensée très simple : je n’ai besoin de rien d’autre que ce moment-là. Et ça, ça vaut cher.

Tout au long du séjour, ce qui m’a frappée, c’est la cohérence de l’expérience. «Résonances» remue doucement de l’intérieur. Le yoga aide à relâcher ce qu’on porte sans s’en rendre compte. La marche réapprend à voir. Et le lieu, lui, tient tout ça ensemble, sans forcer. Sans dire quoi faire. En proposant un cadre où le calme n’est pas une idée, mais une ambiance palpable.

Je suis repartie avec une sensation rare : celle d’avoir ralenti pour vrai. Pas juste “prendre une pause” en mode parenthèse rapide, mais réellement changer de vitesse. Le Monastère des Augustines n’est pas un endroit où tu accumules des activités, c’est un endroit où tu te retrouves entre les activités, dans les intervalles, dans le silence, dans l’espace. Et ce sont souvent ces espaces-là qui nous manquent le plus.

INFORMATIONS PRATIQUES

L’arrivée se fait à partir de 16 h et le départ avant midi, ce qui laisse une vraie fin d’après-midi pour se déposer sans courir. 

Côté hébergement, vous pouvez choisir entre des chambres authentiques ou contemporaines en occupation simple ou double, et le forfait de base “séjour monastique” inclut l’hébergement, le petit-déjeuner et l’accès au musée. 

Le matin, le déjeuner en silence est servi au Vivoir entre 7 h et 9 h 30. Au début, ça déstabilise. On a le réflexe de combler, de parler, de remplir. Puis, très vite, on comprend le cadeau : le silence donne de la place au goût, aux sensations, à ce bienfait matinal souvent avalé trop vite. Manger sans parler, c’est comme mieux entendre le murmure des choses. On goûte vraiment. On se rend compte qu’on est là. Et surtout, on commence la journée sans se mettre en marche trop vite.

Le soir, le souper se prend en formule buffet, sur réservation. 

En quittant le Monastère, j’ai eu l’impression de sortir d’une bulle où le temps ne bouscule pas et où l’air circule plus librement dans la poitrine. Je suis partie avec la tête moins pleine, le corps moins tendu et une douceur nouvelle dans le regard. Comme si « Résonances » avait rallumé une petite lumière intérieure, que le yoga avait doucement intensifiée et que la marche méditative avait projetée jusque dans les rues de Québec.

Le Monastère des Augustines offre simplement, mais si précieusement, cet espace pour revenir à soi, sans pression, sans performance, juste avec l’immense cadeau d’avoir pris le temps. 

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