
Je pourrais commencer par vous dresser la liste de tout ce qu’il faut absolument voir à Amsterdam. Sauf que … ce n’est pas vraiment comme ça que je voyage.
Bien sûr, j’avais noté quelques endroits avant de partir, mais une fois sur place, j’ai surtout marché. Beaucoup. J’ai changé d’itinéraire parce qu’une rue me semblait jolie, traversé un pont juste pour voir ce qu’il y avait de l’autre côté. Et, finalement, mon Amsterdam s’est construit comme ça. Pas tout à fait celui des incontournables. Plutôt celui des détours.






Marcher et regarder
Amsterdam est une ville où j’ai rarement eu envie de prendre le chemin le plus court. Il y a toujours quelque chose qui retient le regard. Les maisons étroites et légèrement de travers, les canaux qui surgissent au bout d’une rue, les vélos absolument partout, les fameux «flower bikes» décorés de fleurs, les petits ponts où l’on finit forcément par s’arrêter.








Je me suis aussi mise à photographier les carreaux de faïence aux entrées des maisons. Rien de spectaculaire en soi. Juste des couleurs, des motifs, quelques détails que l’on ne remarque probablement pas lorsqu’on marche trop vite.








C’est exactement ce que j’aime en voyage : avoir suffisamment de temps pour m’intéresser à des choses qui ne sont indiquées sur aucune carte.
Amsterdam vue de ses canaux
À force de les longer à pied, j’avais aussi envie de voir Amsterdam depuis ses canaux. J’ai donc embarqué avec Those Dam Boat Guys pour une petite croisière en comité restreint, et j’ai vraiment aimé la formule.
Pas de grosse embarcation ni d’ambiance trop formatée : on navigue tranquillement, on échange, on pose des questions et, surtout, on apprend une foule de choses sur la ville au fil de l’eau. Notre guide avait ce talent que j’apprécie particulièrement : raconter Amsterdam sans donner l’impression de réciter une leçon d’histoire.







Depuis le bateau, on remarque aussi autrement les maisons, les ponts, l’architecture et tous ces petits détails que l’on finit parfois par ne plus voir après quelques jours à marcher le long des canaux.
Une histoire de marchés
Je pourrais difficilement vous raconter mon séjour sans parler des marchés. J’en ai fait beaucoup : Ten Kate Markt, Albert Cuypmarkt de Pijp, Waterlooplein, Noordermarkt, Bloemenmarkt, Dappermarkt et Lindengrachtmarkt dans Jordaan.
Pourquoi autant? Parce que j’adore ça. Je trouve qu’un marché raconte énormément sur une ville. On regarde ce que les gens achètent, ce qu’ils mangent, on fouille, on écoute, on se laisse tenter sans l’avoir prévu.
À l’Albert Cuypmarkt De Pijp, ce fut une gaufre toute chaude. Pas besoin de grande mise en scène : elle était chaude, je marchais depuis des heures et elle était parfaite à ce moment précis.






Au Dappermarkt, loin de l’agitation touristique, je me suis laissée happer par l’odeur des poffertjes qui cuisaient sur place. Ces petites crêpes néerlandaises rondes et moelleuses sont préparées dans une plaque remplie de petites cavités, puis servies bien chaudes.







Au Lindengrachtmarkt, j’ai savouré un délicieux sandwich au poulet gingembre garni d’épices exotiques. Tout simplement. Mais ce sont souvent ces moments-là dont je me souviens le mieux.





À Waterlooplein, j’ai surtout aimé le plaisir de fouiller. C’est le plus ancien marché aux puces des Pays-Bas, et on y passe facilement d’un portant de vêtements vintage à des piles de livres, des objets improbables, des bijoux ou de vieilles trouvailles dont on ne savait absolument pas avoir besoin.







Noordermarkt dans Jordaan mélange selon les jours produits gourmands, antiquités, livres et vêtements vintage. Un petit côté marché de quartier où l’on prend son temps, où l’on regarde, où l’on grignote et où le plaisir est autant dans l’atmosphère que dans ce que l’on peut rapporter.






Mon gros coup de cœur était de l’autre côté de l’eau
Un matin, direction Amsterdam-Noord. Depuis la gare centrale, j’ai pris le ferry vers NDSM. La traversée est gratuite, rapide, mais il suffit de quelques minutes sur l’eau pour avoir l’impression de quitter l’Amsterdam des canaux et des façades parfaites.
À NDSM-Werf, le décor devient industriel, brut, couvert de graffitis. On se promène au milieu d’anciens bâtiments de chantier naval transformés, de murs peints et de créations qui apparaissent là où on ne les attend pas.





J’aimais déjà l’endroit avant même d’entrer à STRAAT, mon adresse chouchou du séjour. Je suis fan de street art, alors je partais avec un préjugé favorable, je l’avoue. Mais j’ai adoré la démesure du lieu. Les œuvres sont immenses. On recule pour mieux les regarder, on revient sur ses pas, certaines font sourire et d’autres demandent quelques minutes avant de repartir.






Puis on ressort et l’art continue dehors. C’est probablement l’endroit où j’ai le plus retrouvé ce que je cherche lorsque je voyage : être surprise.








Des musées, mais pas forcément ceux qu’on attend
Je n’ai pas essayé de rentabiliser Amsterdam en accumulant les musées. J’ai choisi ceux qui m’attiraient vraiment.
Au Stedelijk Museum, l’art moderne et contemporain correspond davantage à mes goûts. L’exposition de Yayoi Kusama, avec son univers de formes, de répétitions et de couleurs, était exactement le genre de proposition qui pouvait m’accrocher.







Le Palais royal d’Amsterdam, Koninklijk Paleis Amsterdam, m’a surprise autrement. Derrière la façade assez austère de la place du Dam, je ne m’attendais pas à découvrir des espaces aussi imposants : le marbre, les sculptures, les volumes, la richesse des salles.









J’ai aussi poussé la porte de De Bazel, qui abrite les archives de la ville, le Stadsarchief Amsterdam. Encore une fois, c’est l’intérieur du bâtiment qui m’a arrêtée.





Puis il y a le Begijnhof, presque caché dans la ville, beaucoup plus calme. Un véritable havre de paix où il est demandé aux visiteurs de garder silence. J’adore.



Et la Maison d’Anne Frank, forcément. Impossible d’évoquer Amsterdam sans que cette histoire vienne rappeler tout ce que la ville a aussi traversé et surtout ce que nous ne devons jamais oublier.


Certes, je n’ai pas vu Van Gogh. Et alors?
Je n’ai pas visité le musée Van Gogh. Ni le Rijksmuseum. Ni le musée de la maison de Rembrandt. Absolument pas parce qu’ils ne valent pas la visite. Simplement parce que cette période et ce type de peinture ne sont pas ceux qui me touchent le plus.





Pendant longtemps, on nous a presque appris à voyager avec une liste invisible : si vous allez dans telle ville, vous devez absolument voir ceci, ceci et cela. Je n’y crois plus vraiment. Pourquoi consacrer plusieurs heures à un musée uniquement pour pouvoir dire que je l’ai vu? Je préfère rentrer d’un voyage avec quelques vrais coups de cœur qu’avec toutes les cases cochées.
Et bien sûr, épicurienne que je suis, j’ai gouté
Il y a eu les gaufres chaudes, les poffertjes et bien évidemment le stamppot du restaurant Heemelrijck De Pijp ainsi que LE fameux biscuit de Van Stapele.







Je suis aussi passée par Foodhallen où l’on peut aller d’un comptoir à l’autre selon l’envie du moment. Une belle manière d’avoir un bon tour d’horizon de ce qu’on retrouve à Amsterdam.






Et puis, parce que j’aime goûter avant de décider si j’aime ou non, j’ai aussi essayé le traditionnel broodje haring, ce sandwich au hareng servi dans un petit pain, souvent accompagné d’oignons et de cornichons. Une vraie institution locale, visiblement très appréciée. De mon côté, disons simplement que le coup de foudre n’a pas eu lieu. Au moins, je l’aurai essayé. Et ça, pour moi, ça fait pleinement partie du voyage.

Pour le brunch, par contre, gros coup de cœur pour Little Collins dan Pijp. Une adresse où j’aurais facilement voulu commander la moitié de la carte. Tout avait l’air recherché sans tomber dans le compliqué : des pistachio overnight oats avec mousse au safran et yogourt, un pain doré brioché avec crème de banane et beurre au miel, des oeufs à la turque avec du beurre d’Alep et labneh à l’ail, ou encore une burrata servie avec lentilles rouges épicées et poivrons rôtis. Bref, un brunch généreux, créatif et surtout absolument exquis où le plus difficile n’est pas de trouver quoi manger, mais de réussir à choisir.


Puis miam, miam, les frites. J’ai testé à deux adresses, tellement j’aime ça : Heertje Friet et VleminckX. Servies dans leur cornet, généreusement accompagnées de mayonnaise et mangées sur le pouce, comme il se doit.


Sur mon chemin, le hasard m’a proposé Rue d’Alger pour un savoureux couscous et délicieux thé à la menthe. Un voyage dans le voyage…



Ce ne sont pas nécessairement les endroits les plus typiquement néerlandais qui fabriquent tous les souvenirs. Une ville se raconte aussi par ce qu’on y trouve aujourd’hui, par ses mélanges et par les tables autour desquelles on a simplement passé un bon moment.
Quand j’avais envie de ralentir encore
Amsterdam est très urbaine, très vivante, parfois même étourdissante avec tous ces vélos qui surgissent de partout. Alors j’ai aimé retrouver le calme dans les jolis parcs de Vondelpark et Westerpark. Pas pour y faire quelque chose de particulier. Juste pour marcher autrement, m’asseoir un moment, regarder les gens vivre leur ville. J’ai besoin de ces pauses lorsque je voyage. Des moments où je cesse de chercher ce qu’il faut voir et où je reste simplement là.
Vondelpark





Westerpark





Et si vous avez une journée de plus : Haarlem
J’avais aussi envie de voir un peu au-delà d’Amsterdam. Haarlem est assez proche pour s’y rendre facilement et assez différente pour donner l’impression de changer d’air. J’y ai retrouvé ce que j’aime : marcher, regarder l’architecture, prendre le temps.









Oui, et je préciserais le fonctionnement pour éviter toute confusion entre billet et paiement sans contact.
Et pour finir quelques petites infos pratiques
Arriver à Amsterdam depuis l’aéroport Schiphol est vraiment simple. Le plus rapide est le train : la gare se trouve directement sous l’aéroport et plusieurs trains par heure rejoignent Amsterdam Centraal en environ 17 minutes.
Si vous achetez un billet, gardez-le précieusement jusqu’à la fin du trajet : vous en aurez besoin pour franchir les portiques à l’entrée ou à la sortie des gares et du métro.
Autre détail utile à savoir avant de partir : Amsterdam fonctionne énormément par paiement par carte. Dans plusieurs endroits, l’argent comptant n’est plus utilisé, voire refusé. Même certaines toilettes publiques se paient par carte ou sans contact. Bref, gardez votre carte bancaire ou votre téléphone facilement accessible, vous allez vous en servir souvent.
Alors, c’était quoi, mon Amsterdam? En y repensant, ce n’est pas un grand monument qui me revient en premier. C’est plutôt une accumulation de petites choses. Je n’ai pas tout vu d’Amsterdam. Heureusement. Parce qu’au fond, ce que j’aime du voyage n’est jamais de tout voir. C’est de trouver ce qui, moi, me donnera envie de m’arrêter pour remplir mon coffre à souvenirs.




